Le championnat de France junior, qui a lieu ce weekend au Angers Playground, est l’un des rendez-vous attendus de la saison dans le squash hexagonal. Si Ambre Allinckx est grande favorite pour conserver son titre chez les filles, la lutte s’annonce plus serrée côté masculin : Toufik Mekhalfi et Manuel Paquemar sont les principaux prétendants mais d’autres (Paul Gonzalez en tête) tenteront de bousculer la hiérarchie. Suite et fin de notre présentation.
Retrouvez la première partie de notre présentation sur CHAMPIONNAT DE FRANCE JUNIOR : LES JEUNES SUR LE PLAYGROUND (PARTIE 1)
On vous en parlait parlé il y a quelques semaines : le gérant du Angers PlayGround, Anthony Murphy, a fait appel à Nicolas Barbeau pour impulser une nouvelle dynamique au sein de la section squash, notamment grâce à l’organisation d’évènements d’envergure. Deux semaines après le Ladies Open, le club recevra du 9 au 11 novembre le championnat de France de squash – 19 ans. C’est seulement la troisième fois qu’une épreuve nationale se déroule dans la capitale de l’Anjou, et le spectacle devrait être au rendez-vous : tous les meilleurs jeunes de l’hexagone – dont certains se sont récemment distingués à l’échelle continentale – seront présents le weekend prochain. Même si d’autres ont très envie de bousculer la hiérarchie (voir ci-dessous LES OUTSIDERS), il y a selon nous trois joueurs (deux garçons, une fille) qui sont les têtes d’affiche de la compétition.

DEUX GARS, UNE FILLE

Alors qu’Ambre Allinckx Squash sera grande favorite pour conserver le titre acquis l’an dernier à Antibes, Toufik Mekhalfi et Manuel Paquemar sont les deux principaux prétendants à la médaille d’or chez les garçons.
1) LE CHANGEMENT, C’EST MAINTENANT – voir la première partie
2) UN OBJECTIF PARMI D’AUTRES – voir la première partie
3) LE CIRCUIT PRO EN LIGNE DE MIRE

En se frottant à la n°11 mondiale Hania El Hammamy au championnat du monde junior, Ambre Allinckx a eu un avant-goût du circuit professionnel (Crédit photo : WSF World Juniors)t
Au-delà des compétitions junior, Ambre, Toufik et Manu ont l’ambition commune de se lancer véritablement sur le circuit international (ils y ont déjà disputé quelques tournois). « En ce moment, je joue beaucoup de Closed Satellite et de tournois nationaux afin de marquer des points et de monter au classement, » confie celle dont les succès en octobre (au Nordic Junior Open et sur 1 000 $ en Suisse) lui ont permis de gagner 30 places. « Mais mon ranking (158ème) ne me permet pas d’intégrer les tableaux des 5 ou 10 000 $. » Même s’ils se sont soldés par une défaite (à chaque fois, 11-9 au 5ème jeu), les matches qu’elle a récemment livrés face à Enora Villard (54ème, en finale du national de Nancy) et Ineta Mackevica (59ème, en Interclubs) montrent qu’elle y aura largement sa place. Tout en étant « satisfaite du contenu, » Ambre sait ce qu’elle doit corriger pour les transformer en victoires à l’avenir. « Ça m’arrive parfois dans les matches en 5 jeux de perdre ma concentration à la fin, car je ne pense plus qu’à gagner et j’oublie ce que je dois faire. Je dois aussi progresser dans mon jeu à l’avant du court – à la fois en étant plus agressive dans mes frappes et en améliorant mon déplacement vers l’avant – et être plus dominante au centre du court. On travaille tout ça en ce moment avec mon entraîneur … »

Quelques jours après le championnat de France junior, Toufik disputera l’open international de Niort, où il a fait ses débuts il y a un an (Crédit photo : Emmanuelle Boyer)
Deux jours après le championnat de France, Toufik disputera l’open international Niort Squash Club Venise Verte, là où il a disputé son premier match en PSA il y a un an. « Je suis également inscrit à Cognac, » précise celui qui occupe actuellement le 259ème rang mondial. « Le circuit pro, c’est un monde totalement différent des tournois junior et même nationaux en senior. Non seulement le niveau est plus élevé, mais comme il n’y a pas de matches de classement il faut être encore plus concentré : on peut être amené à faire un aller-retour express en cas de défaite au premier tour, parfois dans des pays lointains en début de carrière car c’est dur d’intégrer les tableaux. Lors des mes deux premiers tournois, j’ai été trop timide et je n’ai pas produit mon jeu habituel. Fort de cette petite expérience, je pense être capable de mieux entamer mes matches et de rivaliser davantage. » ll aura fort à faire dans les Deux-Sèvres, avec un premier tour contre son compatriote Fabien Verseille (117ème).

Avant de se lancer sur le circuit PSA, Manuel Paquemar (à droite) a l’occasion de se mesurer à des joueurs professionnels lors des tournois nationaux, ici Fabien Verseille (Crédit photo : Jean-Luc Paquemar)
Si vous cherchez son classement sur le site du Squash – PSA World Tour, ne tapez pas Manuel Paquemar mais Manu. « Quand j’ai pris ma licence, il fallait remplir une case “nickname”(NDLR : surnom en anglais) et j’ai mis ça. Apparemment, je me suis trompé de ligne … » Le Lorientais a déjà disputé deux opens internationaux, dans son club en 2016 et 2017.

“Le circuit pro est un monde impitoyable, et il faut s’appuyer sur l’expérience des aînés.”

« Mais j’étais tout petit, ça ne compte pas, » rigole-t-il. « Et la saison dernière, mon esprit était accaparé par le bac donc j’ai préféré procéder étape par étape. Le circuit pro est un monde sans pitié – comme l’est le sport de haut niveau dans toutes les disciplines – et il faut être préparé à cela. Il est primordial de s’appuyer sur l’expérience des plus âgés. Notamment celle de mes partenaires d’entraînement, et j’échange beaucoup avec Auguste Dussourd. » En termes d’expérience, il va être servi pour ses vrais débuts à Niort dans quelques jours, avec l’Anglais Mark Fuller (« j’ai regardé pas mal de ses matches en vidéo. »). « J’ai également eu une wild card à Cognac. Ensuite, je ferai des tournois à l’étranger si mon classement me le permet, sachant que les tournois jeunes et nationaux permettent de marquer des points pour monter. » Même si le Réunionnais faisait son retour après dix mois d’absence, la victoire de Manu en demi-finale du national de Gradignan face à Christophe André Athlète – sa première face à un joueur de ce niveau – constitue une belle base de départ …

LES OUTSIDERS

Ici lors de leur titre au Nordic Junior Open, Ninon Lemarchand et Paul Gonzalez seront les principaux outsiders ce weekend à Angers (Crédit photo : Christophe Lemarchand)
Parmi ceux qui tenteront de bousculer la hiérarchie, on trouve en premier lieu deux pensionnaires du Pole Espoirs Squash PACA à Aix-en-Provence, qui défendent depuis cette saison les couleurs d’Annecy SquashC’est une chance pour nous, » affirment en cœur ceux qui évoluent aux côtés de stars de la discipline dans les équipes du club Haut-Savoyard). Mais les points communs ne s’arrêtent pas là entre Paul Gonzalez et Ninon Lemarchand : champions de France -17 ans en titre, ils ont décroché l’argent européen avec les Bleus dans cette catégorie au printemps, et remporté le Nordic Junior Open début octobre (Ninon s’est également imposé en Belgique hier, alors que Paul découvrait la catégorie -19 et a terminé 7ème). Même s’ils ne sont pas favoris, leur objectif sera le même à Angers. « Décrocher le titre. » Ninon (en bronze la saison dernière, à seulement 15 ans) les collectionne en jeunes depuis les -11 ans, alors que Paul – arrivé au squash sur le tard, mais qui a rattrapé son retard à force de travail, d’abnégation et de talent – a attendu la saison 2018-2019 pour ouvrir son palmarès national (-17 ans et 2ème série).

Baptiste Bouin, Macéo Levy, Yuna Loaëc, Mahé Asensi, Zoé Faure, autant de joueurs et joueuses qui chercheront également à déjouer les pronostics ce weekend (Crédits photo : Squash Royan, British Junior Open & Nicolas Barbeau)
Quels sont les autres prétendants au podium ? Chez les garçons, on pense à Baptiste Bouin : l’élève de Stéphane Brevard au centre d’entraînement de La Rochelle a progressé à vitesse grand V ces derniers mois (avec notamment un premier podium européen en Suède) et sera – relativement – protégé par son statut de tête de série 3/4. Les têtes de série 5/8, tous des adversaires potentiels de Baptiste en quart de finale, s’appellent Macéo Levy, Joshua Jacques Phinera, Arthur Gauthier-Minne et Léo Blin (respectivement 2è, 3è, 4è et 6è du dernier championnat de France -17), sachant que d’autres sont capables de réaliser un « upset » lors du tour précédent : Antoine Riehl, Laszlo Godde, Laouenan Loaëc, l’imprévisible Réunionnais Oliver Lamilango voire Pierre Vassia (quart de finaliste l’an dernier, mais que la position de tête de série 13/16 expose à un tirage compliqué dès les 1/8è). À signaler que le Néo-Calédonien Brice Nicolas, champion de France -15 ans en 2017-2018, est absent pour cause de blessure. Chez les filles, Yuna Loaëc Squash a fini 6è puis 4è ces deux dernières saisons et visera le podium, voire mieux … Une médaille, ce sera également l’objectif de plusieurs jeunes filles de 16 ans et moins, que l’on retrouvait en haut du classement du dernier championnat de France de leur catégorie : Zoé Faure (en bronze à Chartres derrière Ninon Lemarchand et Cléo Jahard, grande absente cette année), Mahé Asensi, Lola Douillard, Kara Lincou et Ana Munos. Nul doute qu’elles préféreraient ne pas affronter Ambre Allinckx en quart de finale, et on y verra donc plus clair après le tirage au sort …
Infos pratiques
Il y a 35 engagés chez les garçons, et 22 chez les filles (soit une nette hausse par rapport aux deux dernières éditions). Le tableau est établi selon la méthode suivante : les têtes de série n°1 et 2 sont placées en haut et en bas, les TS 3 et 4 dans chaque moitié, puis 5-8, 9-12, 13-16, 17-24, 25-32, 33-40 etc. Le tirage au sort aura donc une incidence non négligeable sur les ambitions de chacun(e). Les matches débuteront le samedi 9 novembre à 13h30. Pré-tour garçons, 1/16è et 1/8è de finale samedi, quarts et demi-finales dimanche et finales lundi (13h pour les filles, 13h40 pour les garçons). Entrée gratuite, n’hésitez pas à venir encourager les jeunes espoirs du squash français et à profiter du spectacle ! Si vous ne pouvez pas vous rendre sur place, un streaming sera proposé sur certains matches (notamment les finales). Plus d’infos à venir.
Article de Jérôme Elhaïk